Sortie du lundi 26 octobre 2026 – Ronchamp
Inventaire mycologyque des espèces observées (63 taxons)
Sortie du 26 octobre 2026 dans la forêt près de Magny Danigon
Mycologie, patrimoine, histoire et mémoire dans les bois du Chérimont, près du village de Magny Danigon en Haute-Saône, à proximité de Ronchamp.
La Mycologie, avec la découverte d’une soixantaine d’espèces, de toutes tailles.
Pour les plus gros : le Lactaire controversé ou Lactaire des peupliers : Lactarius controversus, un grand entonnoir charnu à marge enroulée, blanc avec quelques taches beige rosé, des lames serrées de couleur blanche, devenant rosâtres et un lait blanc âcre et amer. Les Armillaires couleur de miel ou d’Ostoya : Armillaria mellea ou ostoyae, en touffes, parasites des arbres qu’on ne présente plus… La Lépiote fuligineuse : Macrolepiota fuliginosa, au pied sombre et velouté, contrairement à la Lépiote élevée : Macrolepiota procera, au pied chiné et brunâtre. Le coprin chevelu : Coprinus comatus, dont la blancheur ressort du talus herbeux à l’entrée du bois. Un jeune Sparassis crépu : Sparassis crispa qui ne demande qu’à se développer à la grande satisfaction d’Hervé, notre guide…
Pour les plus minces, les Mycènes et Psathyrelles, un casse-tête pour les identifier ! De nombreux Marasmes à odeur d’ail : Mycetinis alliaceus, au pied noir et élancé qui dégagent une bonne odeur d’ail…
Et les plus étonnants :
- Le Géastre sessile : Geastrum fimbriatum qui s’ouvre en étoile à plusieurs branches et porte en son centre une boule : l’endopéridium contenant les spores.
- Un œuf ! à qui appartient-il ? Phallus impudicus ou Clathrus archeri ? Pour le savoir, on regarde leurs cordons mycéliens. S’ils sont blancs : Phallus, s’ils sont roses : Clathrus, ou on le coupe en deux dans le sens transversal. Si l’on voit une boule grise entourée de gelée : c’est un Phallus, des ilots rosés en cercle (les futurs bras de l’étoile) dans une masse centrale grisâtre : un Clathrus. C’était un Phallus !
- Des « nids » contenant de petits « œufs blancs » (les péridioles produisant les spores) : les Cyathus striatus, leur paroi interne est striée et leur paroi externe, hérissée de poils.
- Des Clavaires filiformes : Typhula juncea, sur leur litière de feuilles mortes.
- La Stérée remarquable : : Stereum insignitum, en éventail ou en consoles, aux couleurs chaudes brun rouge, ourlée d’un liseré orange.
Ce ne sont pas des champignons, mais deux pieds d’une orchidée forestière : un Epipactis dont les fruits secs avaient libéré leurs graines en cette période de l’année et un arbuste aux fruits roses : le Fusain d’Europe : Euonymus europaeus, qui nous ont interpellés. Cet arbuste appelé aussi « Bois carré », ses jeunes tiges ayant une section quadrangulaire, ou « Bonnet d’évêque » à cause de ses fruits roses de forme géométrique, rappelant la coiffe : des capsules à 4 loges qui s’ouvrent à maturité et laissent voir leurs 4 graines, enveloppées d’une enveloppe charnue orange vif : l’arille. On utilise son bois, carbonisé en vase clos, pour fabriquer les bâtonnets de fusain. Toutes les parties de l’arbuste sont toxiques. Ne vous laissez pas tenter par ses petits bonnets roses, dont on faisait autrefois des colliers…
Le Patrimoine industriel, avec les vestiges du puits Arthur de Buyer.
Cet ancien puits des houillères de Ronchamp, ses grands bâtiments de briques rouges et sa haute cheminée impressionnante, fut le puits le plus profond de France au début du XXème siècle, atteignant 1010m de profondeur. Ce puits a fonctionné 54 ans, de 1900 à 1954 et employait entre 170 et 200 hommes au fond. En 1928, la production de charbon a atteint 87498 tonnes, niveau maximal d’extraction. Puis les volumes ont chuté jusqu’à la fin d’exploitation, après une tentative de reconversion dans l’extraction d’un gisement d’uranium découvert en 1951, mais sans grand succès.
Désormais, laissé à l’abandon et envahi par la végétation, le puits Arthur de Buyer attire les amateurs d’Urbex, les photographes, les randonneurs et de temps à autre les amateurs de champignons…
L’histoire et la mémoire au Puits Arthur, à Magny Danigon et au Maquis du Chérimont.
Lors des combats pour la libération pendant la seconde guerre mondiale en 1944, pendant la retraite allemande, le puits Arthur de Buyer, alors déserté, servit de refuge aux maquisards le 16 et le 17 septembre 1944, après avoir fui leurs positions dans la forêt du Chérimont. Suite à un accrochage avec un soldat allemand isolé et l’alerte donnée auprès des troupes allemandes stationnées à proximité, les maquisards encerclés tentent de s’enfuir vers Magny Danigon, mais la plupart furent capturés. Le 18 septembre, 40 maquisards furent fusillés devant le mur du cimetière de Magny Danigon et le 26 septembre, 20 autres prisonniers seront fusillés à Offemont au lieu-dit « Le Pertu » à l’orée de la forêt communale. Ils étaient âgés de 18 à 36 ans. Chaque année, le dernier dimanche de septembre, une cérémonie en hommage à ces 20 hommes retrouvés par un agriculteur au printemps 1945, a lieu au monument du Maquis du Chérimont à Offemont, en présence des familles des victimes.
Un bel après-midi d’échanges avec les participants à cette sortie où chacun a apporté ses connaissances ou son témoignage d’un passé lié à la mine, mais aussi d’un passé douloureux, pendant la dernière guerre mondiale, qui, chaque année est commémoré dans les lieux de ces tragédies, pour ne pas oublier.
Merci à Jean-Michel Hanss, président de la société mycologique de Lure pour sa présence, à l’oncle d’Hervé qui nous a conduits sur les chemins du patrimoine, de l’histoire et de ses drames, ainsi qu’aux 6 autres participants à cette enrichissante sortie !
Agnès Greset