Sortie du samedi 5 septembre 2026 dans la forêt du Bromont (entre Offemont et Denney)
Ce samedi, sans trop d’espoir, après cet été de canicule et de sécheresse, nous décidons d’aller sur le sentier menant au monument du Maquis de Chérimont pour faire une boucle dans la forêt et voir si quelques champignons avaient décidé de pousser après les petites pluies des derniers jours d’août.
Louise, une nouvelle venue dans notre groupe a découvert les premiers champignons sur une souche et quels champignons ! Peu observé par ailleurs, Omphalotus illudens : le faux clitocybe lumineux, orange vif quand il est jeune, pousse en touffes sur les souches de feuillus (on le dit « cespiteux »), cousin d’Omphalotus olearius, le clitocybe de l’olivier, plus méridional, mais tout aussi toxique. On l’appelle aussi Clitocybe trompeur ou illusoire. Son chapeau qui peut atteindre un diamètre de 20 cm se creuse en un entonnoir aux lames décurrentes de la même couleur orange. Pourquoi lumineux ? Dans l’obscurité totale, ses lames sont bioluminescentes, phénomène dû à la présence d’une molécule chimique : la luciférine. Dès le départ, nous fleurtons avec le diable…
La découverte du bolet blafard : Suillellus luridus, qui parfois peut être confondu avec le Bolet satan, présent aussi dans cette forêt, nous a rassurés, même réjouis : nous n’avons pas rencontré Rubroboletus satanas ce jour-là…
Son pied réticulé, sa ligne de Bataille : une ligne rouge entre la chair rose du chapeau et les tubes l’ont, de sûr, identifié ! Un 1er bolet dans nos paniers !
Le 2ème bolet : Caloboletus radicans, le Bolet radicant ou Bolet blanchâtre plus pâle du chapeau, aux tubes jaunes avec un pied radicant, massif et un 3ème faisant partie des Xerocomus, aux tons rosâtres : Xerocomus ferrugineus, le Bolet ferrugineux.
3 bolets, au nom de genre différent, ayant chacun leur type distinctif.
Puis quelques classiques des genres Trametes : gibbosa et versicolor, Daedaleopsis : tricolor et confragosa, ainsi que Picipes badius ou Polypore bai et Polyporus tuberaster ou Polypore moucheté ou à sclérote.
Moins classique : Meripilus giganteus, le Polypore géant, aux chapeaux imbriqués en éventail, qui peut atteindre une taille impressionnante. Quand on touche sa chair et ses pores, il noircit rapidement. Au pied de son arbre, il dégrade sa lignine et devient le responsable de sa pourriture blanche.
Un Meunier : Clitopilus prunulus, qui annonce l’arrivée des cèpes, mais les conditions hydriques n’étant pas parfaites, il est resté seul et les cèpes ne l’ont pas suivi !
Puis chemin faisant, une belle troupe de Psathyrella candolleana, profitant d’un peu d’humidité du sentier terreux, encore crevassé par la sécheresse.
Et les « fleurons » de la sortie, mais peut-on les appeler ainsi ? Deux tueurs de chênes :
- Le premier : la langue de bœuf, Fistulina hepatica, au développement lent et sournois : un parasite, agent de la pourriture brune du bois, mais appréciée des ébénistes pour la couleur rouge qu’elle lui donne (le bois reste dur assez longtemps pour être utilisé).
Chaque année, on sait qu’elle fructifie au pied des chênes à cet endroit et on la cherche pour l’exhiber dans les expos : une « petite » satisfaction… Marie-Delle la cache sous les feuilles mortes pour la récupérer le jour « J », car elle est aussi convoitée par ceux qui la consomment… Une petite « guerre de territoire » !
- Le deuxième : Pseudoinonotus dryadeus, le Polypore larmoyant, un gros champignon poussant à la base du tronc d’un gros chêne. Pleure-t-il sur son sort ? Il serait hypocrite, mais sur celui du chêne, peut-être bien !
En forme de coussin spongieux jaune orangé quand il est jeune et parsemé de gouttelettes suintantes en surface, de couleur ambre comme du miel, ils étaient trois pour l’attaquer à sa base et saper ses assises : un exemplaire jeune en pleine forme et deux noirs desséchés qui avaient déjà atteint leur objectif : fructifier pour se propager ! Parasite des chênes vivants, souvent blessés par les grumes tirées par les engins forestiers, il infeste d’abord son système racinaire et provoque une pourriture blanche fibreuse en dégradant la lignine, puis progresse vers la base du tronc. En fragilisant son ancrage dans le sol et en perturbant son alimentation en eau, l’arbre s’affaiblit, le risque de chute augmente par la rupture de ses racines et l’arbre tombera lors d’un fort coup de vent ou d’une tempête. Il peut cependant maintenir une certaine stabilité entre une à trois décennies, peut-être plus… (Son bois ne pourra plus être utilisé en menuiserie).
3, comme les Dryades : 3 nymphes liées aux arbres de la forêt, cachées dans les chênes, leurs protectrices, mais aussi leurs favoris ! Leur nom vient du grec « Druades ou Dryas » : le chêne. Il est aussi celui du nom d’espèce de Pseudoinonotus : dryadeus. Son nom de genre vient également du grec « Inos », fibreux et « Otos », oreille…, la fausse oreille fibreuse, du fait de sa forme vue de profil… et de sa consistance fibreuse avec l’âge.
Dans cette forêt habituellement paisible, de nombreux arbres déracinés et des branches mortes gisent à terre, des troncs s’effritent, atteints par la pourriture brune ou blanche… Que deviendra-t-elle suite à cette période de grand stress hydrique ? D’une année à l’autre, elle change, au point de ne plus pouvoir suivre les sentiers habituels, mais certains arbres résistent comme celui à plusieurs troncs, retrouvé par notre groupe : un dernier refuge ?
Agnès Greset














Compte-rendu Mycolique — Septembre 2026
Sortie du samedi 5 septembre 2026 (Bois du Bromont)
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Nom scientifique / Espèce |
Nom vernaculaire / Nom commun |
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Bjerkandera adusta (Willdenow : Fr.) P. Karsten |
Tramète brûlée |
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Caloboletus radicans (Pers. : Fr.) Vizzini |
Bolet radicant ou Bolet blanchâtre |
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Clitopilus prunulus (Scop. : Fr.) Kummer |
Meunier ou Clitopile petite prune |
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Crepidotus applanatus (Pers.) Kummer |
Crépidote aplani |
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Daedaleopsis confragosa (Bolt. : Fr.) J. Schröter |
Tramète rougissante |
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Daedaleopsis tricolor (Bull. : Fr.) Bondarzew & Singer |
Lenzite tricolore |
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Fistulina hepatica (J.C. Sch. : Fr.) Withering |
Langue de bœuf ou Fistuline hépatique |
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Fuscoporia ferruginosa (Schrad.) Murrill |
Polypore ferrugineux |
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Gymnopus fusipes (Bull.) Gray |
Collybie à pied en fuseau |
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Hypoxylon fuscum (Pers. : Fr.) Fr. |
Hypoxylon sombre |
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Lacrymaria lacrymabunda (Bull. : Fr.) Patouillard |
Lacrymaire larmoyant |
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Meripilus giganteus (Pers. : Fr.) Karsten |
Polypore géant |
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Omphalotus illudens (Schw. : Fr.) Saccardo |
Faux-clitocybe trompeur |
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Parasola plicatilis (Curtis) Redhead, Vilgalys & Hopple |
Coprin parasol |
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Picipes badius (Pers.) Zmitr. & Kovalenko |
Polypore bai |
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Polyporus tuberaster (Jacq. : Fr.) Fr. |
Polypore à sclérote |
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Psathyrella candolleana (Fr. : Fr.) Maire |
Psathyrelle de De Candolle |
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Pseudoinonotus dryadeus (Pers.) T.Wagner & M.Fisch. |
Inonotus du chêne ou Polypore larmoyant |
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Skeletocutis nivea (Junghuhn) Keller |
Tramète blanc de neige |
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Suillellus luridus (Schaeff.) Murrill |
Bolet blafard ou Bolet blême |
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Trametes gibbosa (Pers. : Fr.) Fr. |
Tramète bossue |
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Trametes versicolor (L. : Fr.) Lloyd |
Tramète versicolore |
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Xerocomus ferrugineus (J.C. Sch.) M. Bon |
Bolet ferrugineux |
Réunion du lundi 7 septembre 2026 (Apport des sociétaires)
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Nom scientifique / Espèce |
Nom vernaculaire / Nom commun |
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Amanita junquillea Quélet |
Amanite jonquille ou Amanite à pierreries |
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Amanita vaginata (Bull. : Fr.) Vittadini |
Amanite vaginée ou Grisette |
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Baeospora myosura (Fr. : Fr.) Singer |
Collybie des cônes ou Collybie queue de souris |
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Calocera viscosa (Pers. : Fr.) Fr. |
Calocère visqueuse |
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Daedaleopsis confragosa (Bolt. : Fr.) J. Schröter |
Tramète rougissante |
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Datronia mollis (Sommerfelt : Fr.) Donk |
Tramète à odeur d’abricot |
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Fomitopsis betulina (Bull.) B.K. Cui, M.L. Han & Y.C. Dai |
Polypore du bouleau |
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Fomitopsis pinicola (Swartz : Fr.) P. Karsten |
Polypore marginé |
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Funalia gallica (Fr. : Fr.) Bondarzew & Singer |
Tramète hispide ou Tramète des Gaules |
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Gymnopus dryophilus (Bull.) Murrill |
Collybie du chêne |
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Hygrophoropsis aurantiaca (Wulfen : Fr.) R. Maire |
Fausse-girolle |
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Laetiporus sulphureus (Bull. : Fr.) Murrill |
Polypore soufré |
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Leccinum albostipitatum Den Bakker & Noordeloos |
Bolet orangé des peupliers |
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Leccinum molle (Bon) Bon |
Bolet mou |
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Neoboletus erythropus (Pers.) C. Hahn |
Bolet à pied rouge |
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Phlebia rufa (Pers. : Fr.) M.P. Christiansen |
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Pleurotus pulmonarius (Fr.) Quél. |
Pleurote pulmonaire |
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Pluteus boudieri Orton |
Plutée de Boudier |
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Pluteus salicinus (Pers. : Fr.) Kummer |
Plutée des saules |
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Pluteus satur Kühner & Romagnesi |
Plutée saturé |
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Pycnoporus cinnabarinus (Jacq. : Fr.) Karsten |
Tramète rouge cinabre |
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Russula lepida Fr. |
Russule jolie |
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Russula luteotacta Rea |
Russule jaunissante |
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Schizophyllum commune (Fr. : Fr.) |
Schizophylle commun |
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Trichoderma sp. |
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Tyromyces chioneus (Fr. : Fr.) P. Karsten |
Polypore blanc de neige |
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Xerocomus ferrugineus (J.C. Sch.) M. Bon |
Bolet ferrugineux |
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Xerocomus subtomentosus (L. : Fr.) Quélet |
Bolet presque velouté |